Figures et Corps … en deux façons

Flyer-Expo-MHRI-KLD

Pour Marie-Hélène Ruelle-Isnard

Saisir des images. Les passer au tamis. Les rendre. Les images que j’ai attrapées, je prends le parti de les pétrir à l’aide d’un logiciel de traitement graphique :
modelage de leur lumière et leurs couleurs en vue de les décanter. Ce qui apparaît n’est ni plus vrai ni plus faux qu’avant de passer par mes yeux, l’appareil photo et
l’ordinateur. Juste une illusion de plus, puisqu’il n’y a que ça de vrai.
L’infime instant qui s’y trouve piégé, instant fait de matière, est perdu pour toujours, ou alors gagné pour toujours… à voir.

Pour Kim-L. Domingo

Les mots sont parfois de trop, et parfois pas assez. Alors, je peins. Je gribouille. La main est comme l’aiguille du sismographe emballée ou alanguie par ce qui vient du plus
profond. Le trait est comme un fil emmêlé. Il est en fait le sujet principal du tableau qui, de l’informe gribouillant venant du fond et jouant avec le « vide » entre le plein des tracés, devient une forme.
Il jaillit et j’aime ne pas savoir où il va ; mais je tiens encore à l’apprivoiser, alors mon travail reste pour l’instant figuratif, tension entre ce qui vient de l’inconscient et du conscient.
« Du fond vient la forme » dirais-je en résumé. Le mouvement et le rythme sont essentiels – quand je peins j’implique tout mon corps. Et le corps parle et cherche des interlocuteurs, les belles rencontres d’où viendront des dialogues.
Alors j’expose… des bouteilles à la mer.

Laisser un commentaire